Médicaments / Revue française d’allergologie 52 (2012) 277–286
Références [1] La Corte C, et al. J Renin Angiotensin Aldosterone Syst 2008;9:221. [2] Drouet. et al. J Allergy Clin Immunol 2008;121:429. doi: 10.1016/j.reval.2012.02.083 88
E´valuation de l’expe´rience des me´decins ge´ne´ralistes du de´partement du Nord dans la prise en charge des re´actions cutane´es me´dicamenteuses M. Vonarx a, V. Leurele a, J. Be´ne´ b, E. Delaporte a, D. Staumont-Salle´ a a Service de dermatologie, CHRU, Lille, France b Centre re´gional de pharmacovigilance, Lille, France Matériel et méthode.– Trois cent quinze questionnaires, comprenant 17 questions, subdivisées en un total de 35 sous-questions, ont été adressées à un échantillon de médecins généralistes exerçant en France dans le département du Nord. Résultat.– Le taux de réponse était de 34 %. Selon les médecins interrogés, les types de toxidermie les plus fréquemment rencontrés étaient l’urticaire et l’exanthème maculo-papuleux. Les médicaments les plus souvent incriminés étaient les antibiotiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens. La recherche de signes de gravité cliniques et biologiques était rarement effectuée. Un antihistaminique H1 était prescrit de manière systématique par 90 % des médecins et une corticothérapie systémique par 75 % d’entre eux, quel que soit le type de toxidermie. Au total, 84 % des médecins considéraient qu’une éruption survenue sous antibiothérapie ne contre-indiquait pas la prescription ultérieure de la molécule incriminée. Au total, 62 % des médecins demandaient la réalisation de tests cutanés, mais seuls 30 % d’entre eux étaient rassurés par la négativité des tests ; 15 % des médecins déclaraient l’événement en pharmacovigilance. Discussion.– Les types de toxidermies et les médicaments incriminés cités par les médecins de l’étude sont en accord avec les données de la littérature et l’expérience pratique de notre unité d’exploration des toxidermies. Néanmoins, les résultats obtenus englobent sans doute aussi bien des réactions d’intolérance que des allergies vraies, en particulier pour des molécules comme le paracétamol et les produits de contraste iodés. L’étude souligne le manque de sensibilisation des médecins interrogés à la recherche des signes de gravité des toxidermies, en particulier dans l’hypersensibilité retardée. Les praticiens sont nombreux à prescrire des antihistaminiques H1 et des corticoïdes systémiques, qui peuvent être utiles dans les manifestations d’hypersensibilité immédiate, mais dont l’intérêt est beaucoup plus discutable dans les réactions d’hypersensibilité retardée. Le manque d’études évaluant l’intérêt des tests cutanés explique la perplexité des médecins quant à leur prescription et leur interprétation. Les médecins interrogés sont peu nombreux à déclarer les événements en pharmacovigilance. Selon certaines études, ils notifient toutefois davantage que leurs confrères hospitaliers. doi: 10.1016/j.reval.2012.02.084
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Ecze´ma de contact aux me´tabisulfites : ce n’est pas une intole´rance ! P. Pralong a, C. Foyer-Scherpe b, A. Nosbaum a, B. Ben Said a, J.-F. Nicolas a, F. Be´rard a a Service d’immunologie clinique et d’allergologie, centre hospitalier LyonSud, Pierre-Be´nite, France b Service d’immunologie clinique et allergologie, Pierre-Be´nite, France Introduction.– Les sulfites sont des additifs utilisés dans certains aliments pour leur propriété anti-oxydante et sont bien connus pour induire des réactions vasomotrices non allergiques (« intolérance » aux sulfites). Parmi eux, le metabisulfite est un excipient dans nombre de spécialités pharmaceutiques, notamment les produits désinfectants et les anesthésiants locaux adrénalinés. Matériel et méthode.– Une femme de 36 ans, infirmière puéricultrice, consultait pour un eczéma des mains.
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Résultat.– Les patch tests « batterie standard européenne » et « antiseptiques conservateurs » retrouvaient une positivité (++) pour les additifs du caoutchouc (mercapto Mix, mercapto benzothiazole et diphenylguanidine) et pour le metabisulfite sodium à 72 h. Des soins dentaires sous anesthésie locale par articaïne adrénalinée, contenant du metabisulfite comme excipient, étaient programmés chez cette patiente. Afin de vérifier si cet anesthésique pouvait être utilisé, des nouveaux patch tests étaient réalisés avec l’articaïne adrénalinée et étaient positifs (++) à la lecture à 72 h, confirmant l’allergie retardée pour cette forme galénique. L’administration des autres anesthésiants locaux non adrénalinés était bien tolérée. Discussion.– L’ensemble des produits pharmaceutiques contenant du metabisulfite ont été contre-indiqués chez la patiente. Les sulfites sont connus pour leur responsabilité dans des réactions inflammatoires non spécifiques, mais peuvent aussi être responsable d’authentiques réactions allergiques, immédiates et retardées. doi: 10.1016/j.reval.2012.02.085
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Polysensibilisation rare au me´dicament : importance de l’interrogatoire P. Pralong, C. Foyer-Scherpe, A. Nosbaum, B. Ben Said, J.-F. Nicolas, F. Be´rard Service d’immunologie clinique et d’allergologie, centre hospitalier Lyon-Sud, Pierre-Be´nite, France Introduction.– L’hypersensibilité allergique (HSA) au médicament ne concerne classiquement qu’une seule classe thérapeutique chez un même individu. Par ailleurs, l’association d’une HSA immédiate et retardée pour deux médicaments différents chez un même malade n’a jamais été rapportée à notre connaissance. Matériel et méthode.– Une femme de 41 ans consultait en 2011 pour une hypersensibilité plurimédicamenteuse. Elle décrivait trois types d’accident aux médicaments : – une urticaire avec angiœdème plusieurs heures après la prise de différentes béta-lactamines, faisant suspecter une hypersensibilité non allergique (HSNA) à cette famille d’antibiotiques ; – une urticaire 30 minutes après la prise d’un comprimé de pristinamycine en janvier 2011, faisant suspecter une HSA immédiate ; – une réaction retardée de type syndrome babouin six heures après la prise d’un comprimé de clindamycine en juillet 2011, faisant suspecter une HSA retardée. Résultat.– Les explorations allergologiques éliminaient une allergie à l’amoxicilline et la réintroduction à dose thérapeutique était bien tolérée. L’IDR à la pristinamycine était positive à la lecture à 20 min, et le test d’activation des basophiles était également positif pour cette molécule (93 % vs témoin négatif = 2 % et témoin positif = 95 %). Le patch test à la clindamycine était positif (+) à 24 heures et positif (+++) à 48 heures, avec une histologie retrouvant des modifications eczématiformes. Discussion.– Les explorations réalisées chez cette patiente ont donc confirmé la co-existence d’une allergie immédiate à la pristinamycine, famille des synergistines, et d’une allergie retardée à la clindamycine, famille des macrolides, sur un terrain d’HSNA au médicament. Il s’agit du premier cas décrit à notre connaissance combinant ces trois types d’hypersensibilité au médicament chez un même patient. Plus important, les diagnostics étaient tous prévisibles à l’interrogatoire, soulignant l’importance de l’anamnèse. doi: 10.1016/j.reval.2012.02.086 91
Choc anaphylactique a` la carboxyme´thylcellulose par voie intra-articulaire et tole´rance par voie orale N. Saih a, P. Pralong a, A. Nosbaum a, B. Ben Said a, J.-F. Nicolas a, F. Berard b a Service d’immunologie clinique et d’allergologie, centre hospitalier Lyon-Sud, Pierre-Be´nite, France b Service d’immunologie clinique et allergologie, Pierre-Be´nite, France Introduction.– La carboxyméthylcellulose (CMC) ou carmellose sodique est un polysaccharide utilisé comme excipient dans plusieurs spécialités